COOPERATION DECENTRALISEE  Partenaire de l'agglomération rurale de Boussoum ( 4500 hab.) Cne de Tougan - Sourou / BURKINA FASO. Développement durable : santé-scolarité-coopérative de travail des femmes Logo061 7

Ensemble !

  Cérémonie d’accueil lors de la première venue à Boussoum de Francine ( mars 2011), représentant l'école de Polminhac. 


" L’accueil que je reçois sur le sol burkinabé, et particulièrement aujourd’hui dans ce village de Boussoum, me touche au plus profond du cœur. Messieurs les responsables et dignitaires, pardonnez- moi si je bouscule la bienséance du protocole ; N’y voyez ni intention délibérée ni maladresse, mais simplement l’ignorance des choses. Vous voyez que l’ignorance n’est pas bonne ! 

 A vous tous, monsieur le Conseiller municipal représentant monsieur le Maire de Tougan avec lequel j’ai pu cependant m’entretenir longuement lundi, monsieur l’Inspecteur qui avez eu l’obligeance de me recevoir dans votre bureau hier, monsieur le Chef des Terres, monsieur le Président du Comité de Développement Villageois, monsieur le Président des Parents d’Elèves, madame la Présidente de l’Association des Mères Educatrices dont je salue le courage en tant que femme dans cette assemblée d’hommes, monsieur le Directeur, mesdames et messieurs les Enseignants, j’ai le plaisir et l’honneur de vous offrir ces quelques présents pour sceller notre amitié.

A vous, messieurs les dignitaires des instances religieuses et ethniques, anciens du village, population active et générations futures porteuses de l’espoir de demain, à vous tous aussi, élèves de Boussoum qui avez compris l’importance capitale de l’instruction scolaire et qui recevez aujourd’hui les lettres de vos copains français, je dis : Merci !

 Barka !  Merci à vous tous d’avoir accepté ma collaboration à la charge éducative qui est la vôtre.

Je me fais aussi l’écho de mes collègues de Polminhac qui n’ont pas pu m’accompagner. Ils vous transmettent leurs respectueuses salutations. Ils vous félicitent de votre engagement de plus en plus fort dans la scolarisation des élèves et ils encouragent leurs collègues ici présents pour la continuation des brillants résultats obtenus. Croyez bien que nous tous, enseignants de Polminhac, nous sensibilisons nos élèves, leurs parents et les autorités locales à la culture burkinabé, au respect de la différence et à la notion d’entraide, de solidarité et de développement durable.

 

 

 

Oui, nous voulons que cette union entre vous et nous soit durable et efficace, sérieuse et porteuse de progrès notamment dans la scolarisation massive et permanente des filles et des garçons, au moins jusqu’au collège. Depuis 2006, la Communauté Educative de l’école de Polminhac fait pour vous et fera encore de gros efforts financiers. Oui, en quatre ans, c’est plus d’un million de francs CFA  que nous vous avons envoyés. Mais nous voulons que cet effort soit suivi d’effet ! Monsieur l’Inspecteur, monsieur le Conseiller qui représentez monsieur le Maire, nous avons là une équipe motivée, un directeur modèle, des parents d’élèves qui ont compris que l’instruction et l’éducation des filles est la base de l’avenir du Burkina. Profitez de cette énergie de terrain !  Orientez votre plan d’action éducatif vers ces écoles de brousse qui sont si demandeuses ! Que diriez-vous de considérer l’école de Boussoum comme une école-pilote, une école qui saurait dynamiser par l’image qu’elle donne, le territoire scolaire en milieu rural ? Ce sujet mérite réflexion. Messieurs soyez-en les acteurs ! Plus le niveau décisionnaire que l’on occupe est élevé plus l’action est forte, nous le savons bien ! C’est pourquoi je me réjouis de nos entretiens précédents, monsieur l’Inspecteur, monsieur le représentant du Maire, chacun de vous dans le domaine qui est le vôtre, pour la teneur très encourageante de vos propos.

 

Monsieur le Conseiller, me permettrez-vous de vous charger par ailleurs, à l’intention de monsieur le Maire, d’une nouvelle requête : j’ai pu constater hier, que les nouveaux locaux de l’Inspection à Tougan étaient prêts pour qu’on y fasse du bon travail. Seulement, il manque l’électricité ! Si vous placez dans vos priorités d’équipement l’électrification de ce bâtiment, je m’engage à mettre tout en œuvre pour équiper une salle en centre de ressources pédagogiques afin que le jeudi, les enseignants des villages puissent trouver là, matière à se documenter, à entrer dans un processus de formation continue, individualisée. Vous allez me dire que je m’éloigne du sujet qui nous réunit aujourd’hui !  Il n’en est rien ! Le bon travail, l’initiative, la mise en application des programmes dans les villages de brousse reposent aussi sur un encadrement de qualité, encouragé par la mise à disposition de moyens. Alors, vous le voyez, l’électrification de l’inspection de Tougan fait partie des urgences dans le domaine de l’éducation ! 

   

Mais revenons plus précisément sur cette école de Boussoum. Le nombre d’élèves est en constante augmentation ; vous l’avez reconnu : en trois ans, depuis la prise de fonction de Monsieur Bassemo, il a doublé pour atteindre actuellement les 450 élèves. C’est très réjouissant de voir que l’instruction est enfin considérée par tous, du haut de l’échelle administrative au fin fond de la brousse ! Mais une fois ce sentiment de satisfaction éprouvé, il faut passer à l’action pour faire en sorte que cette mobilisation, ce combat de terrain, ce travail de tous les jours porte ses fruits. Alors, monsieur l’Inspecteur, les critères de satisfaction  étant réunis, vous en convenez, il faut maintenant passer à l’action : l’agrandissement des locaux scolaires et le renforcement de l’effectif des maîtres. C’est plus facile à dire qu’à faire, j’en suis pleinement consciente !

Mais chacun peut apporter sa contribution :

Population de Boussoum, pères d’élèves, vous avez une carrière près du village : fabriquez des briques ! Entourez-vous de professionnels comme monsieur François pour vous aider dans le chantier de construction ; c’est un homme du métier. Je l’ai rencontré par hasard, je l’ai écouté me parler de la vie ici. Il est mon chauffeur et mon guide dans ce territoire de brousse ; il m’a reçue chez lui en amie. J’ai apprécié son hospitalité et j’ai découvert chez lui et son épouse de belles qualités humaines. Vous pouvez lui faire confiance !

Monsieur l’Inspecteur, donnez à cette école de Boussoum, comme à celles que vous jugez en voie de développement rapide, toute la force de votre action ; soyez le relais essentiel pour que la mairie de Tougan affecte un budget d’équipement lourd  en tables-bancs, pour la nouvelle structure qui j’espère sortira bientôt de terre !

Monsieur le Directeur, mesdames et messieurs les enseignants, vous êtes les soldats de l’Instruction . Je sais de quoi je parle ! Vous ne comptez ni votre temps, ni votre peine. Vous êtes fiers du travail accompli et des résultats obtenus avant d’être fiers de vous- mêmes ! Vous «  arrachez » les enfants à l’ignorance comme un médecin qui veut éradiquer un mal ! Vous méritez qu’on vous considère avec respect et qu’on vous revalorise socialement. Ne baissez pas les bras devant les difficultés, battez-vous !

Quant-à vous, les enfants, les jeunes, vous qui avez la chance d’aller à l’école : faites honneur à vos pères, à vos mères, à la famille ! Montrez votre reconnaissance en apprenant bien vos leçons, chaque jour. Parlez avec vos parents, avec la famille, de ce que vous faites à l’école, de ce que vous avez appris.

 Et vous les mamans, les papas, les grands frères, les grandes sœurs, prêtez-leur une oreille attentive. De cette façon, vous leur montrerez que ce qu’ils font à l’école est important, aussi important que lorsque votre enfant revient avec le seau d’eau et que vous le remerciez d’un sourire, aussi important que lorsqu’il garde les chèvres  et que vous lui tapotez la joue pour le remercier.

 Ensemble, nous pouvons faire beaucoup. Il faut y croire et se dire que c’est chacun de nous, à la place qui est la nôtre, qui ferons avancer les choses.

La force de l’Afrique s’affirme : les gens veulent avoir accès à une vie sociale digne, plus juste, plus fraternelle, plus libre. Ce ne sont pas des paroles de vent. Regardez ce qui se passe : les pays du Magreb ( Egypte, Tunisie, Liban) crient leur soif de justice et de liberté. Et qui aurait dit qu’un jour, à la tête de la plus grande puissance du monde, un président de race noire serait installé. Il l’a dit : «  Yes, we can ! » ce qui veut dire «  Oui, nous le pouvons ! »

Cette phrase, il faut la penser très fort, si fort que l’énergie positive qui s’en dégagera vaincra les obstacles qui nous paraissent à ce jour insurmontables ! Alors, oui, je vous l’ai dit, nous continuerons à travailler ensemble !

 Demain, ici à Boussoum, je souhaite rencontrer les responsables locaux pour faire le bilan des fonds qui vous ont été envoyés pendant ces quatre dernières années et envisager concrètement le prolongement de notre action.

 Pour terminer mon intervention, et si vous le voulez bien, en présence des autorités de Tougan et de Boussoum, sous la bienveillance des puissances du ciel et de la terre, je vous invite en gage d’amitié et de sincérité, à faire ce geste symbolique : mélangeons cette terre de France que j’ai apportée, à la terre de Boussoum ; semons-y ces grains de blé et des grains de mil ; arrosons-les comme on arrose un enfant de la Connaissance et protégeons-les pour les voir grandir !

 Chers amis de Boussoum, vous qui êtes du pays des Hommes Intègres, merci d’avoir pris la peine de m’écouter. Je vous souhaite la santé et le bonheur pour vous et vos enfants ! "