Préliminaires

Photo persoPhoto identiteHuguette privat 3 LUNDI, 23 FEVRIER :Logo061

Nous voilà repartis pour une mission de 3 semaines … direction ce cher village de Boussoum !

Jean-Pierre ne le connaît pas. Que va-t-il penser de ce lieu, de ces gens, de cette mission ? J’espère qu’il ne sera pas déçu. C’est sa première mission humanitaire.

Huguette est déjà rodée : elle a assuré la mission en novembre 2013. Elle a hâte de voir où en sont les choses, plus particulièrement côté santé !

Quant-à moi, je ne suis pas en forme du tout. J’ai une bronchite qui ne veut pas s’arrêter. Je me suis entourée d’une panoplie homéopathique et par précaution de quelques antibio. Trois semaines me font un peu peur. On verra.

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Départ de Toulouse : 15H20. Isa est venue nous dire au revoir et récupérer des bagages au cas où ! On a pris le temps qu’il fallait pour enregistrer, peser, vider du surplus, payer une surtaxe. Une légère collation tous ensemble. On laisse Isa puis direction la salle d’embarquement.

Flânant dans la galerie, on entend soudain nos noms dans le haut parleur qui nous appelle de toute urgence. Et c’est une course effrénée  dans l’interminable couloir jusqu’à la porte d’embarquement où nous nous faisons sévèrement houspiller.

«  C’est pas bien ça de faire attendre l’avion ! »  nous lance le pilote depuis le cockpit. Honteux et désolés, à la queue leu-leu dans la coursive, on cherche notre place : il faut aller jusqu’au milieu. On nous regarde. On n’est pas fiers !

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L’arrivée à Casa a lieu à 16 h30. Il fait 17 °. L’espace de transit de l’aéroport est sympa. On s’installe à un bar. JP lit le Canard enchaîné et garde Le Monde pour sa lecture en vol.

De son portable, Huguette commence à fixer les rendez-vous : le carreleur, le Dr Kaboré ; elle est à fond : Le coup de l’avion l’a galvanisée !

J’envoie une carte à maman : à l’heure où j’écris, elle n’est pas encore arrivée !!

 Départ pour Ouaga : 20 h30.

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Arrivée prévue : 23h50 ( heure locale)

C’est Jean-Claude François qui vient nous chercher à l’aéroport afin de nous conduire au centre d’hébergement chez Lorette. Kady est avec lui. Ca me fait très plaisir.

Jean-Pierre est en retrait, dans l’observation. Huguette a mal aux jambes, elle est lasse.  Personnellement, je suis contente de n’avoir pas souffert de mes oreilles pendant le vol. Mais je suis fatiguée de cette toux et de ce rhume qui ne me lâchent pas. Espérons que l’air sec du Burkina va m’aider à les combattre.

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 MARDI, 24 FEVRIER :

Après une très courte nuit chez Lorette (5H de lit),une douche et un petit déjeuner composé d’un bol de thé et d’un morceau de pain tartiné de confiture.

Jean Claude est arrivé très tôt. Il veut nous emmener visiter sa nouvelle maison qu’il vient de restaurer à Ouaga. Depuis hier, ses enfants y sont avec Kady et Aida. Cet enclos  se trouve juste à la périphérie de la ville. C’est un bon plan pour la scolarité des enfants et la vieillesse de se rapprocher de la capitale ; il y a plus de services qu’à Tougan.

Et nous voilà partis dans son fourgon avec toute la famille et tous les bagages, jusqu’à Yako par la nationale 2, puis de Yako à Tougan par la piste. Ça raccourcit mais c’est horrible tant il y a de secousses !

Après quelques péripéties, on arrive à Tougan ; il est 13 H. On paye un coup au maquis de Nini et on arrive enfin au gîte de kady. Il est toujours aussi propre et joli, entouré de bougainvilliers fleuris.

Le repas de ce coir-là sera bien-sûr des pâtes  au cantal ( qui ma foi, n’a pas trop mal supporté le voyage ! )

L’après-midi , alors que JP et Huguette ont attaqué une petite sieste, nous prenons plaisir à discuter Kady et moi, de la famille, du travail, de tout et de rien, pour le plaisir de se retrouver.

 Demain après midi, ce sera le départ pour Boussoum. Nous devons contrôler l’état du 4x4 que Jean Claude met à notre disposition moyennant réparations et carburant, ça va de soi ! Bon ! il ne démarre pas ! Il va falloir sortir 69000 fr pour acheter une batterie neuve ( enfin, j’espère qu’elle est neuve !). Première dépense qui ne nous arrange pas ! Mais nous aurons la voiture pendant les 3 semaines, c’est bien !

Après l’achat de l’eau en bouteille, des fruits et légumes pour Boussoum ( parce qu’en ce moment, c’est la pleine saison ! ), nous nous apprêtons à recevoir le MCD Kaboré qui vient nous visiter avec madame. En fait, ils n’arriveront qu’à 22 heures et prendront congé aux alentours de minuit.

Une première journée se termine :  longue et fatigante !

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MERCREDI 25 FEVRIER

Beaucoup de travail nous attend aujourd’hui. Heureusement, nous avons bien dormi. Nous déjeunons chez la famille François parce qu’il n’y a pas de gaz au gîte. Il va falloir y remédier, n’est-ce pas Kady ?

Après le change de nos euros en francs, et la mise en route du téléphone pour les communications internes au Burkina (attention, les téléphones doivent être déverrouillés et ça ne se fait qu’à Ouaga), nous allons à la rencontre du DPENA comme convenu par téléphone. Ah ! il n’est pas là ! Bon… Et avec l’Inspecteur de la CEB Tougan 2 dont dépend Boussoum, aurons-nous plus de chance ? Il est bien au bureau et nous reçoit très sympathiquement. Nous le connaissons. Il était ancien conseiller pédagogique. Nous rencontrons aussi dans les locaux son adjoint chargé de l’alphabétisation et nous commençons à nous projeter sur cette question.

Les rencontres « officielles » sont terminées : hier, le MCD ; aujourd’hui, les autorités scolaires.  A la mairie, il n’y a personne : depuis que le gouvernement provisoire est installé, les maires et conseils municipaux ont été destitués. Pour pallier à cette insuffisance, à Tougan, une séance de travail est régulièrement organisée avec le Préfet et une Délégation nommée à cet effet. 

Nous savons maintenant qu’il faut prendre les contacts dès notre arrivée parce qu’ici, on ne fonctionne ni à la même vitesse, ni de la même façon qu’en France. Donc, on va aller tout de suite chez le soudeur pour définir l’étagère du CSPS et demander un devis … Bon, finalement, il va venir sur place ce soir à Boussoum … pour voir ! Il a une moto, il roulera plus vite que nous en 4x4.

Chargement des valises pleines pour le dispensaire et l’école, nos effets personnels, casseroles et seaux prêtés par Kady et c’est le départ pour la brousse dans le 4x4 suzuki, piloté par JP.

Piste et re-piste, et nous voilà arrivés vers 16H30. Il est tard. Nous nous dirigeons vers le dispensaire parce que c’est dans son enceinte que nous serons hébergés. Huguette en avait convenu avec Aboubacar, le major en place cette année. De toute évidence, nous ne sommes pas attendus pour ce moment-là et notre arrivée paraît déranger. Le major n’est pas là, son adjoint ne dit mot, n’a pas la clef et ressent notre arrivée comme une intrusion apparemment. Il faut dire que nous n’y avons peut-être pas mis les formes ! Mais secoués par 1H ½ de mauvaise piste, fatigués bien que contents d’être à Boussoum, nous espérions qu’on nous guiderait vers notre abri et que nous pourrions nous délasser. Mais le plus contrariant pour nous, c’est que nous avons donné rendez-vous à deux artisans qui sont là et attendent depuis déjà 1H et qui vont devoir repartir de Boussoum à la nuit pour rentrer à Tougan ! Ce sont le carreleur qui doit reprendre les mesures de la salle d’accouchement et le soudeur qui vient pour visualiser l’emplacement de  l’étagère.  Enfin, au bout d’un certain temps, on parvient à faire ouvrir le CSPS, côté maternité et côté dispensaire ! 

 A la nuit, sur sa moto, le major Guira Aboubacar arrive enfin. Il est très jeune, un peu superficiel, au premier abord. Il nous annonce que nous logerons chez l’accoucheuse qui est censée reprendre son logement samedi, soit dans 3 jours. Bien, et après, alors ? « On a un plan B ! » dit le major.  

Franchement, on n’apprécie pas : on ne souhaite pas à être reçus avec des honneurs mais avec autant de désinvolture, sûrement pas. On le fait savoir. Notre premier contact avec l’équipe du CSPS est donc plutôt tendu.

Demain, il fera jour, nos idées seront  plus claires ; cherchons les lampes et rentrons dans notre « chez nous » d’emprunt.

Le 4x4, garé à l’opposé du logement, doit être approché pour descendre les lourdes valises. Mais … le mauvais œil serait-il sur nous ? Le véhicule ne démarre pas : les fusibles ont fondu !

Que peut bien penser Jean Pierre à ce moment-précis : Vive l’aventure ! ou Courage, fuyons !  Huguette a son air des mauvais jours : il ne faut pas l’agacer. Moi, je ne me vois pas, mais la mine ne doit pas faire rêver !

En conclusion, nous n’avons qu’une hâte : nous coucher. Pas lavés, sans repas et sans moustiquaire installée, nous nous enfonçons dans la première nuit de Boussoum. 

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JEUDI 26 FEVRIER

On a dormi ; il est déjà 7H quand nous nous organisons pour déjeuner : thé apporté par Huguette, et du bon, s’il vous plaît ! JP. Préfère sa boisson chocolatée, plus énergétique.  Hier soir, j’étais très inquiète de ma relation avec les moustiques. Ils se précipitent en général sur ma peau ; et sans moustiquaire, ce n’était pas gagné ! Mais avec l’aspergée d’anti- moustiques dont je m’étais enveloppée, c’est passé. En fait, je crois qu’il n’y en a pas en ce moment. Il y a trop de vent. C’est un vent de nord-est, froid et poussiéreux ; « Le vent du désert » dit le vieux conseiller.  

Aujourd’hui, on est bien décidés à rentrer dans le vif du sujet. On n’est pas venus à Boussoum pour se voir fermer les portes au nez !

Surprise : Devant notre maison ( enfin, plutôt celle de l’accoucheuse) , voici un défilé des élèves de 6ème qui vient nous saluer. Bon ! la journée commence bien. Leur classe est dans un bâtiment d’emprunt, tout près d’ici, et ils nous invitent à les suivre.  Les cours sont censés commencer à 8H. La prof de français n’est pas là. Vers les 10H30, on la verra stopper sa moto devant l’école. En attendant son arrivée, nous échangeons longuement avec les élèves sur le fonctionnement de cette classe, sur leurs besoins, leur vie, leur scolarité. Que d’insuffisances !

Retour vers le CSPS où nous attendent ce matin le major et son adjoint Soma. On s’explique et on s’excuse mutuellement  concernant la situation de la veille. On veut partir sur des bonnes bases, sinon à quoi bon notre séjour ici ? Les échanges vont durer jusqu’à midi malgré la présence dans le hall d’attente de personnes en quête de soins. Ce manque de considération envers les malades nous dérange.  C’est cependant une réunion instructive qui va servir de préalable à la grande réunion tout public de cet après-midi, à 15 H.

 A partir de ce soir, tout va s’enchaîner très vite : Actions, rencontres, interventions. Nous sommes très sollicités. Pour tout, par tous.  En ce moment, au village, c’est la saison calme : les récoltes sont stockées (elles ont été bien moyennes) , ce n’est pas encore le moment des semences, la chaleur ( jusqu’à 35°/ 40° à l’ombre) écrase déjà hommes et animaux. Les gens prennent le temps de venir à notre rencontre : ils nous apprennent à mieux les comprendre ; ils ont envie de nous écouter : ils apprennent à nous connaître ; ils cherchent à nous épauler : ils nous accompagnent dans les actions que nous menons.

 Je suis partie fatiguée de France (je peux même dire malade). Depuis que je suis à Boussoum, les symptômes grippaux ont disparu et je me sens bien mieux. Cependant, je ne retrouve pas l’entrain des autres missions. Les ans en sont la cause, sûrement ! Peut-être aussi les nuits bruyantes que le village nous oblige à supporter.

 Notre trio fonctionne bien. JP commence à trouver ses marques. Il nous a confectionné la meilleure bouteille isotherme  qui soit sur le principe condensation-évaporation ; une technique, dit-il, empruntée aux égyptiens.  Huguette est à fond entre le CSPS et la plume des volailles qu’on nous offre régulièrement. Ce qui est sûr, c’est que cette année, on ne souffrira pas de la faim ! Peut-être de la soif quand-même !

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La suite à travers les 5 chapitres de ce rapport : santé / scolarité / bibliothèque / pompe à eau / Gnongondémé,  où nous avons tenté de retranscrire succinctement mais le plus fidèlement possible les moments forts de cette mission.

 Plus que jamais, maintenons nos efforts !

F.L.

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