La journée de la Femme

  1. mars 2015 : L’accès des femmes à la formation professionnelle et à l’emploi décent :

1- CONFERENCE

 

C’était le 07 mars sous le haut patronage du Directeur Provincial de la Jeunesse. 

Après une introduction à l’honneur des femmes par le Haut Commissaire, le Directeur Provincial des Jeunes a conduit la conférence, présentant l’entreprenariat féminin, les fonds de financement, les problèmes liés à la formation, les organismes de crédit, l’emploi des femmes dans le territoire proche. Il a ensuite développé les moyens devant être mis à leur disposition pour les emplois décents ( renforcement par l’alphabétisation, formation technique de gestion, culture d’entreprises, conseils, changement de mentalités pur développer des activités génératrices de revenus, centre d’apprentissage des filles et des femmes, décentralisation des centres d’apprentissage, mise en place de formateurs compétents ).

Et de conclure : «  Nous sommes dans un moment favorable pour le développement des femmes dans le développement de la nation ; il faut y croire ! » 

Un échange questions/réponses clôturait cette conférence. Nous avons eu le plaisir de voir Ramatou prendre la parole sereinement pour obtenir des précisions sur la création d’entreprise dans les villages.

Nous lui faisons confiance. Elle est intelligente.

 

2- LA  GRANDE FETE

Le grand jour est arrivé, nous sommes le 8 mars : La journée de la Femme à Boussoum

Nous avons acheté les pagnes du 8 mars et les avons fait tailler en robes ( pantalon pour Kady).

Le matin, nous avons parcouru le marché de Tougan à la recherche de tamarin, gingembre et feuilles de menthe, ingrédients indispensables à la fabrication de la délicieuse et calorique boisson qu’est le jus de petit mil.

Puis nous avons acheté les 15 kg de sucre commandés par Kady. Le village a fourni la farine de mil.

Dans une cour de Boussoum, une dizaine de femmes s’activent sous les directives de Kady  ( et de Nini) et après avoir pilé, remué, filtré et re-filtré cette « soupe » odorante pendant presque deux heures, ce sont plus de 70 litres de petit mil, d’un blanc laiteux, qui vont reposer dans un énorme récipient en plastique bien lavé. On me demande de goûter : Délicieux !

D’un autre côté, ce sont des litres de dolo, sorte de bière locale, qui seront vendus aux hommes.

Sur la place du quartier Jambora ( la place la plus ancienne de Boussoum), le grand baobab est bien creux tant il est vieux. C’est lui qui sera l’arbre de l’amitié. Les jeunes l’ont décoré de bouts de tissus aux couleurs de cette journée : bleu et blanc.

A notre arrivée, surprise !  Sur son tronc aussi ridé qu’une peau d’éléphant, Félix  le « barman » a parfaitement dessiné le  drapeau du Burkina et un très gentil hommage adressé à Nanga-Boussoum. Bravo et merci !

Et la fête va commencer. Il est déjà 16H30. La nuit tombe d’un coup en brousse. Kady ne veut pas traîner. Il n’est pas bon de rouler la nuit à travers les pistes.

Il faut prendre la parole. Ah oui, parce qu’ils ont apporté une sorte de sono avec micro sur batterie ! On félicite, on encourage, on parle des femmes et de la nouvelle association, on fait cœur avec eux. On se sent un peu de Boussoum. Nous prenons la parole à tour de rôle Huguette et moi. C’est très bien. Et ensuite, on danse : ce sont des danses en rond, à petits pas rythmés qui vous cassent les jambes ! C’est génial mais la fatigue nous rattrape et on «  demande la route ».

Au village, ils danseront jusque très tard, bien après minuit.

Fatigués, sur nos matelas de fortune nous tenterons de nous endormir, une fois de plus, sous les cris des hommes et des animaux, dans le bruit crescendo de la brousse qui vit tard dans la nuit.

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Je me sens comblée. Emplie de cette satisfaction que donne l’aboutissement d’un travail difficile, emplie de ces échanges simples, essentiels et mutuellement respectueux, de ces échanges qui nourrissent l’âme.

Je pense à ceux qui ne parviennent pas à mettre un sens dans la dimension humanitaire ou humaine de ce partenariat. 

Je pense surtout à ceux qui en ont la fibre mais qui ne peuvent pas vivre ces moments-là. Je leur souhaite de le faire un jour. ( F.L)

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